Le siège de Québec
(Archives GEN.10.73)

FlecheBleueGauche

Lecture facile destinée aux étudiants de français
 

Manuscrit

Par Henri de Savoye
(vers 1950)

Transcription : Michel de Savoye (1983)
Numérisation : Pierre de Savoye (2021)

Notes :
a) dans le texte original, le mot « rivière » est utilisé pour désigner le fleuve Saint-Laurent.
b) la mention « sud de Québec » désigne l’amont de Québec.

 

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Le Siège de Québec

Au mois de juin 1759, 46 vaisseaux anglais entrèrent dans le fleuve Saint-Laurent. C’était le général Wolfe qui venait faire le siège de Québec.

Dès son arrivée, Wolfe comprit la difficulté de son entreprise. Au nord, Québec était défendu par des fortifications habilement établies.

Au sud, les bords de la rivière étaient perpendiculaires comme des murs et hauts de 200 pieds.

Quant à la ville elle-mème, elle était perchée sur un rocher inaccessible.

Wolfe ne savait donc de quel côté attaquer Québec. En attendant, il bombarda la ville afin de terroriser les habitants,

I1 établit des batteries de l’autre côté de la rivière, à la pointe Lévis. La cathédrale et presque toutes les maisons de la ville basse furent incendiées.

Cependant, un mois après son arrivée, Wolfe n’avait obtenu aucun résultat militaire. Alors il décida d’attaquer Montmorency, à 8 milles au nord de Québec. Mais cette attaque ne réussit pas. Cinq cents soldats anglais furent tués inutilement.

Quant à Montcalm, son activité était surprenante. Pendant la journée, il inspectait les postes avancés.

Pendant la nuit, il s’installait sur les remparts de la ville et surveillait les mouvements des vaisseaux anglais; parce que quant la nuit était obscure, les vaisseaux anglais passaient devant Québec et remontaient la rivière au sud de la ville,

Cette tactique alarmait Montcalm. Pourquoi Wolfe envoyait-il ses vaisseaux au sud de la ville? Avait-il un nouveau plan? Voulait-il tenter un débarquement au sud de la ville?

Maintenant, presque tous les vaisseaux anglais sont installés au sud de Québec. Et tous les jours ces vaisseaux font une promenade sur la rivière. Ils vont jusqu’au Cap Rouge, à 8 milles au sud, puis ils reviennent à Québec.

Montcalm est persuadé que les Anglais ne peuvent pas escalader les bords de la rivière, qui sont à pic comme des murailles. Cependant, pour plus de sécurité, il détache un régiment le long de la rivière. Ce régiment est commandé par Bougainville. La mission de Bougaïinville est de suivre les vaisseaux anglais dans leur promenade quotidienne entre Québec et le Cap Rouge. De cette façon, tout débarquement sera impossible.

Et Moncalm ajoute encore une précaution. I1 stationne sur le plateau un autre régiment, le régiment de Guyenne. Ce régiment devra camper jour et nuit juste en avant de Québec. Ainsi, deux régiments sont affectés à la mission spéciale d’empêcher un débarquement des troupes anglaises.

En présence de toutes ces précautions Wolfe éprouve une grande inquiètude. Il lui semble certain qu’il ne sera jamais capable de prendre Québec. Il est désespéré. 11 tombe malade. Il a la fièvre. Il est dans son lit.

Cependant, au commencement de septembre sa santé est rétablie, et maintenant il a un plan bien défini dans la tète. Il sait qu’il ne peut pas prendre Québec par une attaque ouverte. Il décide donc d’opérer par surprise.

Maïs les officiers anglais sont découragés. L’hiver approche, Ils craignent que les bateaux ne soient bloqués par la glace, et ils pensent que le parti le plus sage est de retourner immédiatement en Angleterre.

Alors Wolfe les rassemble à un Conseil de guerre et il leur dit:

« Vous voulez abandonner le siège; vous voulez retourner en Angleterre; c’est très bien. Je ferai ce que vous voudrez. Cependant, l’honneur exige que, avant de partir, nous fassions une tentative. Je vous demande d’en faire une seule et, si elle ne réussit pas – eh bien! nous partirons immédiatement. Je vous le promets, »

Les officiers anglais acceptèrent la proposition de leur général en chef.

Le 12 septembre, deux déserteurs français passent chez les Anglais. Ils annoncent que deux bateaux de provisions, destinés à l’armée française, vont arriver pendant la nuit.

Immédiatement Wolfe prend sa décision. L’attaque aura lieu cette nuit-même. Le débarquement sera opéré en face d’une petite ravine appelée l’Anse du Foulon.

A minuit une lanterne est attachée au bateau de Wolfe. C’est le signal. Les soldats anglaïs quittent les vaisseaux et montent dans des canots. Les canots descendent la rivière jusqu’à l’Anse du Foulon. Wolfe est dans le premier canot.

Tout à coup, sur le bord de la rivière, une sentinelle française crie « Qui Vives » Un officier anglais, qui parle bien le français, répond: « France! » Et il ajoute: “Ne faites pas de bruit. Ce sont les bateaux de provisions. Les Anglais nous entendraient ».

La sentinelle française ne dit plus rien et les canots anglais continuent d’avancer vers l’Anse du Foulon.

Vingt-quatre soldats, spécialement choisis, montent la ravine. Ils arrivent au sommet du plateau.

Les sentinelles françaises sont endormies. Elles se réveillent, tirent quelques coups de fusils et abandonnent leur poste en courant.

Alors Wolfe ordonne à toutes ses troupes de suivre le mouvement. A six heures du matin toute l’armés anglaise est sur le plateau.

Durant cette nuit mémorable toutes les fatalités tournèrent contre les Français.

Les sentinelles de l’Anse du Foulon étaient endormies.

Le régiment de Guyenne, que Montcalm avait stationné sur le plateau, était allé, cette nuit-là, dormir dans son camp.

Et Bougainville? Où était Bougainville, lui qui avait l’ordre de suivre les vaisseaux anglais pour empècher un débarquement?

Bougainville était ennuyé de courir ainsi tous les jours entre Québec et le Cap Rouge. Il pensait que c’était une fatigue inutile pour ses soldats et, cette nuit-là, il était resté au Cap Rouge, à 8 milles de l’Anse du Foulon.

Bougainville a encore commis une autre faute. C’est lui qui avait annoncé l’arrivée des bateaux de provisions. Il ne les envoya pas, et il ne rectifia pas son ordre, et c’est pourquoi les sentinelles françaises ont laissé passer les canots anglais, pensant que c’étaient les bateaux de provisions français.

Le plateau, qui devait être gardé par deux régiments, était donc désert. Alors Wolfe eut tout le loisir d’explorer le terrain et de choisir son champ de bataille.

Il installa son armée sur une petite éminence appelée les Plaines d’Abraham, juste à un mille de Québec.

Dès que Montcalm est averti du danger, il se précipite vers le plateau. Il pense y trouver seulement un petit détachement de troupes anglaises. Quand il voit toute l’armée ennemie, il est suffoqué de surprise,

Le gouverneur Vaudreuil envoie un mot à Montcalm. Il lui dits « Ne vous pressez pas d’attaquer. Dans deux heures Bougainville arrivera avec son régiment. Et puis nous avons dans la ville 1500 miliciens que nous allons faire sortir. De cette facon nous attaquerons les anglais de trois côtés à la fois, et ils seront infailliblement perdus ».

Montcalm refuse de suivre l’avis de Vaudreuil. Il réunit ses officiers et leur dits « Déjà les Anglais se retranchent; déjà ils ont amené deux canons. Si nous ne les attaquons pas immédiatement, ensuite il sera trop tard ».

L’attaque commence à 10 heures. Les Anglais laissent les Français s’approcher à 40 pas. Alors ils font une décharge qui démolit tout le premier rang des lignes françaises, Le second rang continue à avancer. Mais une nouvelle décharge des Anglais disloque complètement les lignes françaises.

Alors Wolfe commande une charge à la baïonnette. À ce moment il est blessé, mortellement blessé. Et il expire quelques instants après.

Presque en mème temps Montcalm aussi est blesse, et lui aussi mortellement.

Maintenant l’armée française est en complète déroute. Seules les milices canadiennes se reforment en petits groupes et, pendant quelque temps, arrêtent l’armée anglaise. Mais la bataille est perdue pour les défenseurs de Québec.

Il n’y a pas un officier capable de remplacer Montcalm et de prendre le commandement de l’armée française. Alors le gouverneur Vaudreuil est affolé. Pour sauver son armée il abandonne la ville de Québec et il emmène les troupes au camp de Jacques Cartier à une distance de neuf milles.

Dans l’armée anglaise, c’est Townsend qui est maintenant général en chef. Il demande au gouverneur de Québec de rendre la ville,

Si la ville ne se rend pas, Townsend menace de la bombarder.

Les habitants sont effrayés et le gouverneur rend la ville,

C’est aïnsi que la ville française de Québec passa sous la domination anglaise.

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